C'est parti. Le 30 Janvier 2013, c'est le top départ pour trois mois de voyage à travers le Sud de l'Inde. Au programme: manger du riz, tester l'ayurvédisme, apprivoiser une vache sacrée, et en prendre plein les yeux.
21 Février 2013
Salut la compagnie,
Je suis désolé si je n’ai pas été très prolifique ces derniers temps, mais disons que les connections internet se font rares et que je me laisse facilement emporter par le rythme effréné du voyage.
La dernière fois je vous ai laissé avec Mamallipuram et il me semble avoir quitté cet endroit il y a déjà une trotte! Je vadrouille en Inde depuis trois semaines déjà et je viens tout juste de franchir la frontière du Kerala, bye Tamil Nadu.
Après Mama, j’ai filé direction Kanchipuram, une des sept villes sacrées indiennes qui brille de ses mille temples. Ici, peu de touristes viennent se promener dans l’effervescence tamoule, et il faut sans doute plus qu’ailleurs supporter ces regards indiscrets qui vous taquinent à chaque instant. Kanchi est aussi le siège d’une ONG qui travaille à m’amélioration de la condition de vie des enfants et des femmes en milieu rural ; RIDE (Rural Institute for Development Education). Jay et Britto, les gestionnaires de l’ONG m’ont accueilli pendant une petite semaine chez eux. J’ai pu découvrir leur travail et les environs de Kanchipuram, c'est-à-dire visite d’une école, rencontre de membres de l’ONG, et découverte des fameux temples hindoues. Je pourrai m’étaler sur mes expériences à Kanchipuram mais je ne vais pas le faire. Sachez juste que j’ai pu partager la vie d’une maison indienne et que se sentir bien accueilli fait du bien. Jay m’a emmené visiter quelques temples que la plupart des touristes ne verront jamais. L’un d’entre eux est un temple souterrain qui n’avait pas été visité depuis plusieurs mois. Des ouvriers étaient en plein nettoyage et la boue recouvrait encore en partie les dédales du temple lorsqu’on y est rentré. Après cinq jours passés à RIDE, j’ai filé direction Pondicherry.
Pondicherry, vous en avez sans doute entendu parler dans vos cours d’histoire de collège ? C’est l’ancien comptoir commercial français des Indes d’où l’on importait du coton dans notre chère patrie. La ville est fortement marquée par la présence française et la partie côtière reflète l’époque coloniale. Le nom des rues sonne familier, on trouve ici et là quelques cafés et restaurants qui font la réputation de notre « french cuisine » et les rues ne retentissent pas autant que dans le bordel tamoul de l’autre côté de la ville. J’ai été assez déçu par Pondy. Je m’attendais peut être à trouver quelque chose de plus charmant, comme une vieille france planquée là. C’est sans doute le cas, mais les maisons coloniales ne se laissent pas apercevoir comme ça, cachées derrières de hauts murs et des jardins à la française. Tant pis. Je décide de laisser la ville à son tumulte et je pars visiter Auroville.
Auroville l’utopique. Auroville, c’est à la fois une cité, un projet, une idée, une communauté, une forêt improvisée à côté de Pondy. En 1968, celle qui est surnommée La Mère a créé Auroville afin de proposer une alternative à notre mode de vie contemporain. Fortement inspirée par la spiritualité indienne et notamment par un gourou du nom de Sri Aurobindo, le projet était pensé pour créer une ville spirituelle indépendante du monde. 40 ans après, on compte environ 2000 aurovilliens dont une majorité d’indiens et de français. Les gens y travaillent en s’investissant dans différents projets alternatifs comme la culture non conventionnelle, l’architecture à partir de matériaux organiques, la méditation, la production de textile, l’assainissement en eau, etc. Il y en a pour tous et c’est une ville qu’il faut faire marcher. Si j’avais des à priori sur cet endroit, j’ai été surpris par l’ambiance d’Auroville et les rencontres que j’ai pu faire. Les aurovilliens sont investis dans des projets qu’ils ne pourraient faire nulle part ailleurs et ils travaillent à la cool en commençant la journée par une séance de Yoga ou de méditation en commun. On n’est plus vraiment en Inde lorsque l’on reste quelques jours dans cette zenitude, mais croyez moi ça fait du bien. Beaucoup de gens y viennent pour plusieurs mois, voire des années, et entament un changement de vie. Il reste encore beaucoup de progrès à faire pour atteindre l’idéal fixé par La Mère, et Auroville fait face à de gros problèmes d’argent. Le Matrimandir, la sphère dorée centrale qui se veut représentative du centre de l’univers a couté un bras à la ville. Il faut dire que l’attraction en jette et se veut le flambeau de la cité. Entouré par douze jardins, le matrimandir renferme une chambre entièrement blanche dédiée à la méditation avec en son centre une boule de crystal qui reflète la lumière du soleil. Les habitants peuvent venir se retirer discrètement du monde et s’évader à bord du vaisseau spirituel. Disons que le rêve hippies spirituels atteint là son apothéose… Auroville est une bulle qui ne m’a pas laissé indifférent. Il faut du temps pour assister à tous les événements culturels, partager des moments avec ses habitants, s’investir dans différents projets et s’imprégner du mode de vie aurovilliens. Chose que je n’ai pas décidé de consacrer à Auroville, alors une autre fois peut être. Ah j’oubliais ! J’ai assisté à ma première séance de Yoga dans la communauté du nom de Vérité, et si un jour vous avez l’occasion d’en faire autant, sortez du bâtiment principal, longez le jardin et entrez à l’intérieur de l’édifice à l’architecture japonaise. L’endroit est accessible à tous et est propice (encore une fois) à la méditation et au bien-être intérieur. Pour ça je vous conseille de vous asseoir près du petit bassin au centre de la pièce principale, plongez vos pieds dans l’eau et laissez vous approchez par les dizaines de poissons qui viennent vous nettoyer les pores. Chatouilles garanties. ;)
Après Auroville, j’avais décidé de continuer ma visite du Tamil Nadu et notamment ses fameux temples. Je suis donc parti direction Chidambaram où je m’attendais donc à trouver un temple magnifique. J’ai été un peu déçu, et comme la ville ne valait pas vraiment le détour, je me suis incrusté à un groupe de français sexagénaire qui partait le soir même pour Kumbakonam. Les gentils m’ont déposé dans la petite ville et j’ai pu me trouver un petit hotel miteux pour passer la nuit. Le lendemain, la visite de la ville et de ses cinq temples achevée, je suis reparti pour Tanjore. Je commençais à me lasser du bordel des villes tamouls et des temples qui se ressemblent tous, aussi je ne m’attendais pas à trouver ce temple incroyable datant de l’an 1010. encerclé de galeries bordées par des colonnes abritant des peintures millénaires, le temple se trouve au centre d’une énorme cours. Contrairement à l’habitude, le cœur du temple est cette fois plus haut que ses gopurams (grandes tours situées à chaque entrée du temple) et si la tour centrale est trop vieille pour arborer les couleurs d’antant, la pierre rouge s’illumine au coucher du soleil. L’endroit devient alors un lieu magique où la lumière s’amuse à faire danser les ombres et où les indiens et autres blancs becs s’assoient pour regarder ce spectacle grandiose. Visiter un temple en Inde c’est aussi se réfugier de la violence du monde extérieur. Ce sont des endroits de recueillement et de prières où chacun vient chercher du calme pour méditer en paix. J’ai ainsi passé quelques heures à attendre que le soleil vienne illuminer les vieilles pierres et dévoiler les secrets de ce temple, avant de rejoindre le bordel de la ville et ma chambre à cafard.
Après en avoir fini avec Tanjore, je me mets en route pour la campagne tamoule, et plus particulièrement l’arrière pays de chettinad. Là des banquiers et assureurs prospères ont jadis élu domicile dans le delta de la Cauvery et ont fondé paraît-il de fabuleuses demeures. Je pensais m’arrêter là où ça en vaudrait le coup, et bizarrement je n’ai rien vu de pareils palaces. Tant pis, de toute façon je n’aurais pas pu prétendre y passer une nuit puisque les prix atteignent ici facilement cent euros. Alors j’ai continué ma route jusqu’à atteindre Madurai.
Madurai est une ville de plus d’un millions d’habitants qui est le centre culturel et historique du pays tamoul. Ici la foule est partout, le trafic est plus infâme qu’ailleurs, et on peut observer le théâtre de la vie indienne dans toute sa puissance. La ville s’est construite autour du temple de Minakshi, édifice gigantesque qui est un des lieux les plus saints en Inde et où les pelerins affluent de toute l’Inde. Ce temple figurait parmi les favoris pour devenir une des nouvelles sept merveilles du monde. En même temps, il renferme quelques uns des plus beaux trésors des temples hindous dont la salle centrale et ses milles piliers (ouf) ! Je vous laisse un lien vers l’article Wiki qui vaut vraiment le coup, au moins ne serait-ce que pour avoir une idée de ces lieux de dévotion hindous qui ne concerne que quelque milliard de personnes ! Ceux qui aiment rentrer dans une église ou une cathédrale par curiosité, disons que penetrer dans un temple hindou procure un peu la même sensation ; on est saisi tout de suite par le côté sacré, spirituel, car tout le monde montre un respect profond pour ces vieilles pierres. Le petit truc en plus, c’est que dans un temple il se passe toujours quelque chose. Vous voyez des indiens se prosterner, s’allonger par terre, des processions en l’honneur de Shiva (en l’occurrence) défilent dans les galeries au son des instruments traditionnels, certains ont fait des milliers de kilomètres pour se trouver là et porter un culte à leur divinité, alors qu’ils se sentent regarder ou pas, les indiens n’ont pas de limites lorsqu’il s’agit de se rendre dans un temple.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Temple_de_M%C3%AEn%C3%A2ksh%C3%AE
Le temple de Madurai était chouette, immense, impressionnant à certains endroits, oh il y avait un éléphant qui bénit les visiteurs (on en croise dans beaucoup de temples), mais pourtant le temple de Tanjore m’a beaucoup plus transporté. Ce qui était chouette pendant ces quelques jours à Maduraï, c’est que j’ai pu comprendre une foule de choses grâce à Cherag, un anglais ayant de la famille en Inde avec qui j’ai partagé la chambre. Et ouais, quand on est en galère dans une ville à checker les prix de tous les hôtels avec le sac à dos sous 35°, en général quand on croise un type qui est dans la même galère on met pas longtemps à s’arranger pour payer deux fois moins cher. SI le courant passe pas ? Ah ça on ne le sait qu’après… Non sérieusement c’était vraiment cool parce que Cherag était un habitué de l’Inde, et qu’il avait aussi envie de nouveauté : sortir des villes indiennes. Alors après avoir visité le temple, on s’est levé bien tôt le lendemain matin et on s’est rendu à Rameswaram. Cet endroit, c’est un peu la dernière limite de l’Inde : le village est situé sur le bras qui avance dans la mer en direction du Sri Lanka. Rameswaram se trouve à 4h de bus tape-cul de Madurai, alors on s’est tapé 8h de route dans la journée + visite sur place. Croyez moi ça en valait le coup. Il n’y a pas deux temples comme celui de Rameswaram. Les pèlerins viennent de très loin pour venir se purifier à l’eau du Gange dans les 22 bassins que compte le temple. Lieu de dévotion qui reprend l’histoire (trop longue à raconter ici) du dieu Rama qui était allé reconquérir sa douce en pays Lanka où elle avait été kidnappée. Alors les indiens s’en donnent à cœur joie, c’est un peu un aqualand hindou où les pèlerins se pressent d’un bassin à l’autre pour se rafraîchir pieusement. Génial. Bon le retour en train-boîte à sardine de 4h pour rentrer était un peu moins drôle, mais l’ambiance des trains est unique et on peut vraiment apprendre à connaître son voisin pendant tout ce temps là. Nos voisins à nous, c’était des Gujarati (de l’état du Gujarat donc, au dessus de Bombay) assez âgés qui avaient très envie de nous apprendre à parler leur language. Les enfants me prenaient (Cherag a un physique d’indien) pour un alien mais se laissent amadouer en moins de deux, et j’ai eu l’impression d’être une télé que les gens regardent sens comprendre ce qu’elle raconte. Bref.
Mon passage à Madurai ne mérite pas plus de lignes, à part peut être pour dire qu’il y a un palais immense que l’on a failli louper, dans lequel on a pu voir un spectacle de lumière fabuleux. Le lendemain soir, je suis parti pour une nuit de bus, bien décidé à en finir avec le Tamil Nadu. Direction Kanyakumari, la pointe australe de l’Inde, là où les trois océans se rencontrent. Arrivé à 4h du matin, obligé de réveiller des gardiens pour qu’ils se recouchent après m’avoir annoncé leur flambant 700 roupies (10 e), et trouvage d’une chambre, dodo, et réveil au son de la rue. Kanyakumari, je vous en parle la prochaine fois parce que mon café internet va fermer et je ne vais pas avoir de mettre cet article en ligne !
La prochaine fois j’essaierai de détailler plus un endroit où je passe du temps, parce que résumer deux semaines en Inde c’est pas chose facile…
Pour ceux qui se demandent aussi où j'en suis dans mon stage, je rencontre demain des responsables d'un tour opérateur avec qui j'espère lancer un partenariat. Je devrais bosser quelques tempes sur Trivandrum!
En attendant je vous dit à bientôt, pas d’inquiétude pour moi, ici c’est ultra safe si l’on sait respecter les gens que l’on rencontre. L'Inde c'est magique, des surprises à chaque instant, et c'est un pays que notre esprit rationnel et cartésien peut difficilement percer. Alors il faut se laisser porter :)
Des bécots depuis Kovalam, ou la beach est super ^^
Axel
(Hum, j'ai pleins d'images à vous montrer, mais internet ne veut pas y mettre du sien. Sorry)